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L’histoire du M16 et sa munition

Je vous propose de vous expliquer aujourd’hui l’histoire du fusil d’assaut M16, d’un point de vue historique. Comment on en est arrivé à cette arme, mais surtout à cette munition ?



L’histoire du M16 et sa munition

Le 21-03-2017

L’histoire du M16 et sa munition

Je vous propose de vous expliquer aujourd’hui l’histoire du fusil d’assaut M16, d’un point de vue historique. Comment on en est arrivé à cette arme, mais surtout à cette munition ?

Le M16 est le premier fusil d’assaut de petit calibre. Son histoire s’est écrite en même temps que celle de sa munition que jamais personne au moins 20 ans auparavant n’aurait envisagé pour un usage militaire généraliste. On a pris l’habitude de dire que jusqu’à la seconde guerre mondiale, le soldat était mal équipé et armé d’un fusil trop puissant. Aujourd’hui, la tendance est inversée : le soldat est suréquipé, bien trop encombré sur le terrain et armé d’un fusil bien trop faible et bien trop consommateur de munitions !

La vérité est peut-être entre ces deux affirmations…?

Nous sommes en 1957, l’armée US adopte le fusil M14 pour remplacer les Garand M1. Nouvelle arme mais aussi nouveau calibre : le 7,62 x 51. Ce dernier n’est pas présenté réellement comme une cartouche intermédiaire, mais plutôt comme une réduction de la 30.06 trop encombrante avec une perte acceptable de puissance à la bouche (10%). Mais le M14, qui n’est en fait qu’une optimisation du Garand, est une arme encombrante, lourde et impossible à maîtriser efficacement en tir full auto. Très rapidement, on prend conscience que finalement, le M14 n’est pas le fusil idéal. Mais l’attrait pour les carabines US M1 et US M2 ne faiblit pas. Bon nombre d’hommes de terrains cherchent en permanence à s’en procurer, au détriment du M14. C’est assez révélateur de l’état d’esprit, nous n’étions pas partis dans la bonne voie…

Un nouveau fusil

Rapidement, le CORNAC (Continental Army Command) élabore un cahier des charges pour un nouveau fusil. Il est évident alors que le M14 ne sera qu’un fusil de transition. La nouvelle arme doit proposer les solutions suivantes :

  • Tir sélectif, afin de remplacer les PM et les US M 2 en présence.
  • Poids maximal chargé, 3kg. C’était assez illusoire, cela nécessitait une arme fabriquée dans des matériaux nouveaux et des munitions très légères.
  • Performances balistiques identiques au 30.06 à 500 mètres, ce qui est parfaitement illusoire. La munition finale ayant sensiblement la moitié de l’énergie cinétique de la 30.06 à la bouche.
  • Perforation à 500 mètres d’une paroi du casque lourd US, ce qui ne pose pas de problèmes particuliers suivant l’incidence de l’impact.
  • Puissance d’arrêt équivalente ou supérieure à la cartouche de 30 M1 à 500 mètres. Ce n’est pas difficile non plus, la balle de 30 M1 étant stable à l’impact et se comportant sensiblement comme une balle d’arme de poing.

Par contre il n’y avait aucune précision quant au calibre, mais évidemment nous partions sur un calibre inférieur au 30. Depuis 1955, l’armée s’intéressait discrètement aux petits calibres de chasse. On avait réalisé des cartouches de 4 à 5,5 mm à partir d’étuis de 30.06 et de 308 rétreints avec des résultats intéressants.

Logiquement, nous allions continuer dans cette voie

Remington proposait sa cartouche de calibre 222, celle que nous utilisons dans nos carabines de tir, avec beaucoup d’espoirs. Cette cartouche était parfaitement au point, commercialisée et fabriquée en grandes séries avec un échantillonnage de projectiles différents. Les militaires estimaient cette cartouche comme étant plutôt la base de la cartouche idéale. Il était cependant nécessaire de la  » gonfler  » au maximum de ses possibilités, le collet étant finalement bien bas sur l’étui. Remington propose alors la 222 Remington Magnum, celle que vous utilisez peut-être encore aujourd’hui dans vos carabines de Varmint. Maintenant vous en connaissez l’origine ! La balle de calibre 222 est montée sur un étui rallongé de 4 mm (47 mm contre 43 mm) avec un épaulement différent. Estimant les résultats encourageants, le CORNAC lance alors un appel d’offres pour qu’on lui propose un fusil d’assaut ainsi que sa nouvelle munition, en vue d’une adoption de masse en remplacement du M14.

Seuls Winchester et Armalite vont se lancer dans la course

A titre personnel, Johnson, à qui nous devons les fusils et les FM, propose une US M2 chambrée dans une cartouche expérimentale à collet en calibre 22, désignée 5,7 MMJ. Malheureusement trop faible, la balle de 2,56 grammes atteignant 910 m/s, n’offrait qu’une énergie de 106 kgm. A peine deux fois celle de la 9 mm Parabellum. La balle était décidément trop légère, il ne fallait pas descendre en dessous de 3,4 grammes. Vous pouvez observer sur la photo ci-dessous l’évolution entre le M16 de 1963 (adopté par l’US Air Force) en haut et le M16A1 de 1967 (adopté par l’US Army).

Armalite décide alors de présenter aux tests son AR11, une arme qui ne va pas faire l’affaire. C’était une petite carabine automatique instable chambrée en 222 Remington à balle de 3,5 g dont on savait par avance que celle-ci serait trop faible. On pense alors qu’Armalite a préféré se positionner tout de suite, quitte à proposer une arme qu’il savait inadaptée afin de ne pas laisser le champ libre à la concurrence. Evidemment, la carabine est rejetée, mais…

L’idée de génie qui allait assurer à Armalite le succès

Armalite proposait son AR10 très novateur, utilisant des matériaux nouveaux chambré en 7,62 x 51 qui n’avait pas réussi à détrôner le M14 déjà adopté. Pourquoi finalement ne pas partir de cette base et la proposer en petit calibre ? Armalite propose alors l’AR15, version réduite de l’AR10 chambrée en 222 Remington. Ce qui intéresse tout de suite le CORNAC qui réclame 10 de ces armes. Parallèlement, la société Winchester proposait une arme automatique en 224 qui ressemblait plus à une US M1  » gonflée « . Il était évident que l’une était orientée vers le futur, et l’autre vers le passé. Au cours des tests de l’AR15 en 222 Remington, on s’aperçut qu’il serait intéressant d’augmenter le volume de l’étui. En fait les testeurs le savaient déjà et préconisaient le 222 Remington Magnum. Armalite préfère négocier avec Remington. Ils conçoivent une cartouche entièrement nouvelle désignée 222 Remington Spécial avec un étui de 45 mm de long avec un épaulement assez haut.

La nouvelle cartouche était le juste milieu entre le 222 et le 222 R Mag

Cette cartouche, très proche de la 224 de Winchester donnait visiblement entièrement satisfaction et il faut décider de la valider sous le nom de  » 223 Remington « . La nouvelle cartouche était née. Tandis que Winchester est évincé des tests, Armalite est de plus en plus engagé dans la partie. La société veut réussir avec l’AR15 ce qu’elle a raté avec l’AR10 : une adoption officielle par les USA. Les modèles  » définitifs  » d’AR15 sont livrés en mars 1958 en vue des essais à grande échelle. Là les premiers défauts de l’AR15 apparaissent. Par exemple, un canon trop fin qui se tord trop facilement et un mécanisme de détente à revoir. A partir de ce moment, 1000 Armalite 15 sont commandés pour être confiés à la troupe pour récolter les avis. Problème, Armalite n’a pas les capacités d’une telle production. C’est un centre d’études et d’essais et non une usine de production. C’est là que la société Colt va réussir certainement le plus beau coup de son existence. En 1959, Colt achète la licence de fabrication des AR10 mais surtout des AR15 ! S’en suit une campagne de présentation et démonstration aux 4 coins du globe, dans tous les services possibles et imaginables ou les USA ont leur zone d’influence. Mis à part quelques commandes  » de curiosité « , il faut attendre 1962 pour que Colt décroche sa première commande officielle sur son propre territoire. L’US Air Force réclame 8500 de ces fusils et 1000 seront envoyés au Vietnam pour essais par des  » conseillers militaires « .

En 1963, l’US Navy suit le mouvement

C’est en octobre 1963 que l’US Air Force décide d’adopter l’Armalite 15 sous le nom de M16 en remplacement des M14, carabines US et PM US M3. 19 000 fusils sont commandés, l’US Army en commande 85.000 pour ses forces spéciales. Le M16 est né, mais les débuts vont vraiment être difficiles. Le 30 juin 1967, le gouvernement US payait à Colt la somme de 4,5 millions de dollars pour acquérir la licence de fabrication du M16. Colt continue de produire ses M16, dont le tout nouveau A1 qui vient d’être adopté par l’US Army, qui est déjà un M16 bien amélioré en termes de fiabilité. Sur le terrain, l’accueil du M16 est globalement très bon. Sa légèreté et sa maniabilité ne correspondaient à rien d’équivalent dans l’armée US. Sa précision est impressionnante et sa stabilité en tir full auto est exceptionnelle ! Des tirs de démonstration à une main étant possibles par un homme de gabarit moyen. La perforation de la petite balle de 223 est impressionnante et jusqu’à 400 mètres, les blessures qu’elle provoque sont redoutables.

Erreurs de jeunesse

Mais il faut être réaliste, le M16 est encore une arme qui souffre de défauts de jeunesse, comme une sensibilité très importante aux conditions difficiles du terrain. Ce défaut sera amoindri mais jamais totalement supprimé. Il faut dire que c’est en partie la faute aux conseillers militaires ! Ils ont présenté le M16 comme un fusil miracle, quasiment auto-nettoyant, ne nécessitant que de rares entretiens. D’ailleurs les premières armes livrées dans la troupe le furent sans kit de nettoyage. Et les premières cartouches de 223 Remington étaient réalisées avec une poudre laissant trop de débris dans le mécanisme de l’arme. Cela sera rapidement constaté et résolu, mais il faut avouer que de nombreux soldats ont perdu la vie au combat avec des M16 enrayés. Certains d’entre eux échangeaient même leurs M16 contre autre chose dès que possible. L’AK 47 étant évidemment le plus recherché… D’autres vouaient une admiration sans bornes et des soins méticuleux à leurs M16, cette arme déclenchant passions ou dégoûts.

Mattel Rifle

Le  » Mattel Rifle « , surnom donné au M16 par les soldats en référence aux jouets plastique fragiles de la société Mattel, a connu une évolution permanente de 1963 à nos jours. L’aboutissement ultime du M16  » classique  » de chez Colt dans sa version longue est pour moi le M16A2 de 1983. Oui, celui de la première guerre du Golfe. Après, on a commencé à trop le réduire et à l’affubler d’accessoires plus encombrants et lourds les uns que les autres. Aujourd’hui l’image d’un soldat équipé d’un fusil standard, long, et sans aides à la visée est quelque peu obsolète. C’est un peu dommage. C’est aussi oublier que la rusticité du soldat et son expérience qui  » font le fusil « . Car ce n’est pas le fusil qui  » fait le soldat « . Quant à ceux qui trouvent le M16A1 complètement périmé, je vous invite, après une bonne formation quant à son entretien et ses drills, à l’utiliser sur le terrain. Dans les limites de sa munition, vous pourrez traiter en semi ou en full auto une profondeur de terrain étonnante. Et les concurrents modernes du même calibre ne le rendront certainement pas ridicule !

Bonne journée à toutes et à tous, n’hésitez pas me rejoindre sur mon groupe Facebook Cellule Mire !

Avertissement : le contenu de cet article est l’avis de l’auteur. Il ne reflète pas nécessairement les politiques ni les opinions de Welkit.

Source : http://www.mywelkit.com/arme-a-feu/lhistoire-m16-munition/






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